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Recommandations de radiothérapie dans les adénomes hypophysaires

Recommandations de radiothérapie dans les adénomes hypophysaires.
Dr Jean-Marc Simon – service d’oncologie-radiothérapeutique
Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris



L’HAS a publié en Novembre 2011 un rapport sur les indications de la radiothérapie cérébrale. Trois méthodes de radiothérapie peuvent être proposées dans le cadre du traitement des adénomes hypophysaires :
  • La radiochirurgie stéréotaxique (par gamma-knife ou par accélérateur linéaire) : une seule séance de radiothérapie faite avec un cadre invasif posé sur le crâne. Elle nécessite une courte hospitalisation de 2 jours. Elle est envisageable pour traiter de petits volumes.
  • La radiothérapie stéréotaxique fractionnée : 3 séances espacées d’une journée. La prise en charge est ambulatoire. On peut la proposer pour des volumes un peu plus grand que la radiochirurgie.
  • La radiothérapie conformationnelle classique : 1 séance par jour pour 30 séances au total. Elle est également ambulatoire. Le volume de la lésion n’est pas un facteur limitant.
Plus il y a de séances plus la dose délivrée par séance est faible et plus la dose totale délivrée est forte.

Les niveaux de preuve concernant ces techniques sont faibles (niveau IV). En effet, le nombre de patient dans les études est faible, les essais ne sont pas randomisés et sont tous rétrospectifs.

Les recommandations éditées par l’HAS reposent donc principalement sur des avis d’experts.

En ce qui concerne l’efficacité de la radiothérapie dans les adénomes hypophysaires, les résultats sont comparables dans les différentes études, quelle que soit la méthode de radiothérapie utilisée.
  • Le contrôle tumoral s’observe chez plus de 90% des patients. 60 à 80% d’entre eux ont même une diminution de taille de la lésion.
  • L’efficacité antisécrétoire est nettement moindre et largement fonction de la durée de l’étude puisque le contrôle de la sécrétion intervient en moyenne 1 à 4 ans après le traitement. Que ce soit pour l’acromégalie, le Cushing ou le prolactinome, la rémission de la sécrétion hormonale est de l’ordre de 40% avec une variabilité importante selon les études. Dans les études avec les suivis les plus longs, l’amélioration du contrôle de la sécrétion se poursuit plus de 5 ans après le traitement et semble atteindre 50 à 60%.

Les complications de la radiothérapie varient selon le type de méthode utilisé. Il n’y a pas d’études randomisées confrontant les différentes méthodes entre elles et ceci rend difficile toute comparaison.
  • L’insuffisance antéhypophysaire est variable, de 2 à 30% selon les études.
  • Les complications visuelles sont plus fréquentes avec la radiochirurgie mais là encore avec de grandes disparités selon les études (de 1 à 18%). Ces atteintes semblent moins fréquentes lorsque la radiothérapie est fractionnée ce qui encourage à privilégier ce type de radiothérapie lorsque la lésion est à proximité du chiasma (moins de 3mm de marge entre la lésion et le chiasma)

Au total, l’utilisation de la radiothérapie hypophysaire permet un bon contrôle tumoral de la lésion. Son effet antisécrétoire est plus modeste et plus long à se mettre en place mais reste intéressant en cas d’échec thérapeutique. C’est un traitement souvent préférablement utilisé en deuxième ou troisième intention après échec du traitement chirurgical et/ou médical. Les complications du traitement notamment l’insuffisance antéhypophysaire et les complications visuelles doivent être recherchées systématiquement.

Le volume à traiter, la localisation de la lésion (proximité avec le tronc cérébral, le chiasma et le nerf optique qui sont plus sensibles aux rayonnements) et le souhait du patient sont les critères principaux pour préférer l’une ou l’autre des techniques de radiothérapie disponibles.

 
Dernière modification : 10/01/2013