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Contraception, avortement, FIV_regards croisés des religions

Contraception, avortement, FIV : regards croisés des religions
Dr Sophie Gonbert – service d’endocrinologie-métabolisme
Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris


En France, en 1789, la Déclaration des droits de l'homme reconnaît la liberté des cultes à toutes les religions et en 1905, la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat établit le principe de laïcité dans les services publics qui est toujours appliqué de nos jours.
L’article 8 de la charte du patient rappelle cependant que les croyances du patient doivent être respectées dans la mesure où celles-ci n’entravent pas le bon fonctionnement du service public.


De fait, si le médecin a dans l’exercice de ses fonctions une obligation de neutralité, il est intéressant de connaître le contexte religieux de son patient, notamment dans le contexte particulier de la médecine de la reproduction. Cette connaissance peut faciliter la communication et servir ainsi l’intérêt du patient.


Plusieurs écueils guettent celui qui s’intéresse à la question de l’attitude des religions quant à la contraception, la procréation médicalement assistée et l’avortement.

  • Il faut bien distinguer les traditions des principes religieux.
  • L’exhaustivité est illusoire compte tenu des différents courants présents au sein de chaque religion.
  • L’interprétation d’un même texte peut être très variable sur les questions modernes soulevées par l’intervention de la médecine dans la fonction de reproduction.

La religion catholique a un cadre particulier du fait de l’existence d’un magistère qui édite des circulaires concernant ces sujets. L’attitude de l’église est donc théoriquement commune. Cependant une clause stipule que, in fine,  seule la conscience individuelle est juge et les pratiques individuelles sont, de fait, très diverses.


Pour les autres religions, l’interprétation des textes sur ces questions est très variable et il est impossible de transcrire un message unique. Cependant, de grandes lignes peuvent être dessinées.


En ce qui concerne la contraception, seul le catholicisme émet un avis défavorable à l’utilisation d’une contraception hormonale ou mécanique. Le préservatif peut être utilisé dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles mais l’abstinence et la fidélité doivent lui être préférées. Les autres religions sont peu directives sur le sujet.


Pour la procréation médicalement assistée, elle est autorisée par tous lorsqu’il ne s’agit que de stimulations hormonales. En revanche, certaines manipulations sont interdites par la religion : les techniques qui dissocient l’acte sexuel de la procréation sont refusées par la religion catholique (FIV, don de gamète). L’Islam et le judaïsme n’autorisent pas le don de gamète par un tiers. Les bouddhistes, les protestants et les orthodoxes permettent l’utilisation de ces différentes méthodes.


Pour l’avortement, le judaïsme, l’Islam et le bouddhisme autorisent d’y avoir recours s’il existe un danger pour la santé de la mère. La religion catholique est globalement contre, quelles que soient les circonstances.


Cette présentation schématique du positionnement des principales religions sur ces questions est bien sur loin d’être exhaustive au vu de la diversité des pratiques religieuses. Dans tous les cas, la dimension religieuse ne résume pas à elle seule la problématique éthique soulevée par ses questions. Le dialogue avec le patient, sa famille et parfois avec les représentants religieux permet souvent de résoudre les problèmes soulevés par la médecine moderne.




 
 
Dernière modification : 10/01/2013