Endocrinologie, Métabolisme et Nutrition : le site des Journées de la Pitié-Salpêtrière

 
 
 
 
 

Actualités dans la prescription de l'hormone de croissance

Philippe Bouchard

Actualités dans la prescription de l'hormone de croissance


Les données animales sont claires : mieux vaut avoir une GH et une IGF1 basses en vieillissant : l’activation exagérée de l’axe somatotrope augmente la mortalité, au contraire son inhibition augmente la longévité. La souris invalidée pour le récepteur de la GH ou pour le récepteur de l’IGF1 par exemple double sa durée de vie. La physiopathologie explique ces constatations principalement par la voie de signalisation mTor qui s’active en même temps que la voie somatotrope et qui est connue pour favoriser le vieillissement et la cancérogénèse.


Chez l’homme, une publication étonnante dans Science 2011 a montré que les patients porteurs de la mutation inactivatrice du récepteur de la GH (qui conduit à un nanisme sévère = syndrome de Laron) font moins de cancer, moins de diabète et moins d’accident vasculaire que la population témoin. Parallèlement dans l’acromégalie, l’excès de GH entraîne une surmortalité cardiovasculaire et par cancer.


Le traitement du déficit en GH doit être réfléchi. Les effets positifs en sont l’amélioration de la taille, l’amélioration de la composition corporelle avec augmentation de la masse maigre et diminution de la masse grasse. On observe également une amélioration des marqueurs de l’inflammation endothéliale et une diminution du critère intermédiaire qu’est l’IMT chez les patients traités. Cependant, certains effets sont aussi potentiellement délétères notamment l’augmentation de l’insulinorésistance. Il n’y a actuellement pas de preuve de la diminution du risque cardiovasculaire sous traitement et un doute sur la possible augmentation du risque de cancer sous traitement.


L’étude SAGhE dont la publication devrait avoir lieu dans les prochaines semaines doit apporter un début de réponse aux questions qui continuent de se poser sur le rapport bénéfice/risque du traitement par GH. Elle s’est attachée à évaluer à long terme les patients traités dans l’enfance par GH, déficitaires ou non, sur la taille finale, la qualité de vie et des recueils de morbidité et de mortalité. 10489 patients ont été inclus en France via le registre France Hypophyse.

 
Dernière modification : 25/01/2012