Endocrinologie, Métabolisme et Nutrition : le site des Journées de la Pitié-Salpêtrière

 
 
 
 
 

Actualités dans la price en charge de l'anorexie

Maurice Corcos

Actualités dans la prise en charge de l'anorexie


Ces dernières années n’ont pas amené de modification majeure dans la prise en charge des patients souffrant de troubles du comportement alimentaire. Certains concepts cependant se sont affirmés avec plus de force :

  • La prise en charge multidisciplinaire :
    • Rééquilibration hydroélectrolytique et nutritionnelle
    • Prise en charge des conséquences organiques de la dénutrition et des vomissements provoqués
    • Prise en charge psychiatrique.


  • Les bases du trouble du comportement alimentaire :
    • La construction de l’identité corporelle et psychiatrique dès la petite enfance et l’histoire familiale sont fondamentales dans la genèse du trouble
    • L’héritabilité est très faible : la part de la génétique est probablement inférieure à 10%
    • La décompensation survient souvent à l’adolescence : la puberté, en modifiant l’aspect corporel est un élément déclencheur des troubles alimentaires
    • Le refus de s’alimenter sous-tend un refus du possible épanouissement de son identité sexuelle, un refus de la sexualité et, à travers elle, de la relation à l’autre et de la maternité
    • L’autorenforcement est un risque majeur. Il est motivé par la production de ?-endorphines lors de la dénutrition qui fait l’effet d’une drogue puissante.
  • Le problème de l’accès à la maternité
    • C’est un problème fréquent : un quart des patientes prises en charge en PMA pour une infertilité dite psychogène souffrent de troubles alimentaires
    • L’accès à la PMA doit être très réfléchi car les conséquences sur l’équilibre psychiatrique maternel, sur le lien avec l’enfant et donc sur son développement psychique ultérieur peuvent être majeures. On note jusqu’à 4 fois plus de dépressions maternelles sévères pendant la grossesse chez les patientes présentant un trouble du comportement alimentaire.
      • Une évaluation psychiatrique devant ces aménorrhées hypothalamiques avec troubles alimentaires est indispensable avant toute prise en charge en PMA
      • L’accompagnement psychiatrique lors de la grossesse et du post-partum est souvent nécessaire.
  • La prise en charge psychiatrique :
    • Pas de révolution dans les psychotropes : les traitements médicamenteux utilisés permettent de limiter les symptômes d’angoisse ou de dépression, souvent présents chez ces patients
    • L’hospitalisation avec séparation du milieu antérieur est souvent nécessaire
    • La thérapie familiale représente probablement le progrès récent le plus important dans la prise en charge psychiatrique de ces patientes
    • La restitution ad integrum est souvent un but illusoire voir dangereux car le contrôle alimentaire est un moyen, pour ces patients, de contenir une anxiété importante. Le maintien d’un BMI correct et d’une vie sociale, affective et professionnelle satisfaisante doit être l’objectif à poursuivre. Le recours au compromis, au contrat, est souvent utile.


 
Dernière modification : 25/01/2012