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Philippe Touraine

Philippe Touraine:

Facteurs prédictifs de récupération d’une insuffisance ovarienne primitive


L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP) est définie par une aménorrhée depuis plus de 4 mois, chez une patiente de moins de 40 ans avec une FSH supérieure à 30 UI/L.

Quelques séries ont mis en évidence une fluctuation de ces IOP avec,notamment, une prévalence de grossesses spontanées estimée entre 5et 15 %.

Une étude rétrospective, réalisée dans le service de Médecine de la Reproduction du Pr Touraine (Groupe Hospitalier Pitié Salpétrière) s’est attachée à rechercher des facteurs prédictifs de fluctuation chez 358 patientes.




Les formes fluctuantes (86 patientes au total soit 24% de la cohorte) ont été définies par l’existence d’une grossesse spontanée (4%des patientes), d’une FSHus inférieure à 15 UI/L (45 patientes)et/ou d’une récupération d’hémorragie de privation sur 2cycles successifs (78 patientes).

Cette fluctuation a été majoritairement observée dans l’année suivant le diagnostic. Les paramètres corrélés à la présence d’une fluctuation sont :

-Cliniques : 97% de ces patientes présentaient une aménorrhée secondaire.

-Biologiques : les formes fluctuantes sont d’autant plus fréquente que la FSHus au diagnostic est basse (proche de 30 UI/L)et/ou que l’inhibine B est élevée (>15pg/ml). Le taux d’AMH,marqueur de la réserve folliculaire n’a étonnamment pas été un facteur prédictif de fluctuation.

-Echographiques : une surface ovarienne supérieure à 2cm²et/ou la présence de follicule sont des facteurs prédictifs de récupération

A partir de ces observations, un score a été proposé par les statisticiens, tenant compte de ces différents paramètres. La probabilité de fluctuation est de l’ordre de 80% dans le quintile supérieur versus moins de 10% dans le quintile inférieur.

La question la plus importante cliniquement reste celle de la fertilité.Dans cette série, 16 femmes ont eu des grossesses spontanées :50% en l’absence de tout traitement hormonal substitutif, 30% sous traitement hormonal substitutif.

L’information à donner à ces patientes concernant cette fertilité doit probablement être modulée en tenant compte de ces facteurs prédictifs de fluctuation. Les conséquences psychologiques de l’annonce du diagnostic doivent être bien évaluées. En cas de projet parental, les grossesses spontanées restant rares, il faut bien sûr évoquer le don de gamète.


 
Dernière modification : 13/07/2011