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Les effets musculaire des statines en pratiques

                Présentation de Boris HANSEL :
Les effets musculaire des statines en pratiques               
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Les effets musculaires des statines restent à ce jour une entité mal définie. Les définitions retenues selon les auteurs varient : on peut parler de myopathie qui reste un terme très générique qui regroupe toute symptomatologie musculaire, de myalgie (douleur musculaire, sans élévation des CPK), de myosite (qui associe douleur musculaire et élévation des CPK), de rhabdomyolyse (douleurs musculaires, élévation des CPK > 10 fois la normale avec élévation de la créatininémie).


La physiopathologie des douleurs sous statines est très mal connue.

La prévalence est évaluée à 5-10%. La symptomatologie est aspécifique (courbatures, crampes, faiblesse, sensation de lourdeur…)

Le délai entre l’introduction du traitement et les symptômes est variable (un tiers dans les 3 premiers mois, un autre tiers dans les 3 mois suivants et les autres, de façon très retardée). De fait l’imputabilité au traitement est difficile à évaluer, d’autant plus qu’à l’arrêt de la statine, la disparition de la symptomatologie peut être lente (avec une moyenne de 2,3 mois).


Le retentissement doit toujours être recherché : dans l’étude de Bruckert et al (2005), si les douleurs étaient rarement considérées comme invalidantes par le patient (5% environ), elles entraînaient tout de même une réduction de l’activité physique chez 38% des patients. Cette réduction de l’activité pose bien sûr problème chez ces patients à risque sur le plan cardiovasculaire.

En pratique, en cas de symptomatologie musculaire attribuable à une statine, il faut dans un premier temps doser les CPK.
Si les CPK sont supérieures à 5 fois la normale. Un arrêt du traitement est préconisé dans un premier temps, jusqu’à normalisation des CPK. 

Dans tous les cas :

l’indication du traitement et le rapport bénéfice/risque de celui-ci doit être réévalué

  • les recommandations pour l’activité physique devront prendre en compte ces manifestations douloureuses
  • on recherchera un facteur favorisant notamment une interaction médicamenteuse, une hypothyroïdie ou un déficit en vitamine D
  • le traitement hypolipémiant doit être optimisé : o  avec une statine notamment si le risque cardiovasculaire est important :
  • en essayant différentes molécules (au moins 3)
  • en choisissant la dose la plus faible efficace
  • en essayant certaines statines à longue demi-vie un jour sur 2 ou sur 3
  • en choisissant une molécule peu puissante comme la fluvastatine qui aurait moins d’effets secondaires musculaires o  ou avec un autre hypolipémiant : ezetimibe, cholestyramine o  et bien sûr en reprenant les conseils diététiques


La diminution du coenzyme Q10 par les statines a été impliquée dans la physiopathologie de ces douleurs. En pratique, les résultats des études d’intervention (avec supplémentation par du Coenzyme Q10) ont des résultats contradictoires et globalement peu concluants.

La levure de riz rouge qui contient en fait une statine a été proposée comme alternative devant ses peu d’effets secondaires musculaires. En pratique, les doses de principe actif sont très variables et non contrôlées d’un produit à l’autre. Il existe par ailleurs dans ces produits de la citrinine, potentiellement toxique. Il s’agit donc d’une alternative moyennement satisfaisante en pratique.

Les douleurs musculaires sous statines sont parfois difficilement imputables de façon claire au traitement. Dans le doute et notamment en cas de retentissement objectivé, l’objectif est d’optimiser le traitement hypolipémiant et d’évaluer au mieux le rapport bénéfice/risque de chaque alternative.

 
Dernière modification : 24/02/2011